Les rois de France, c'est plus de 1 300 ans d'histoire, et ça se termine un matin de janvier 1793, sur une place de Paris noire de monde. Un homme monte sur un échafaud : le roi, descendant direct d'une lignée vieille de treize siècles. Une lame tombe, et toute cette histoire s'arrête net.

Comment passe-t-on d'un chef barbare qui se bat à la hache à un roi décapité par son propre peuple ? Bonne nouvelle : pas besoin de retenir les dizaines de rois qui se sont succédé, tout se range dans cinq grandes familles. Et il y a un fil rouge qui explique la fin. Garde-le en tête : l'argent.

Les Mérovingiens : le baptême le plus rentable de l'histoire de France

Tout commence vers 481 avec Clovis, qui hérite d'un petit royaume franc au nord de l'actuelle France. L'Empire romain vient de s'effondrer, c'est le bazar total, chacun se bat pour un bout de territoire. Sauf que le vrai coup de génie de Clovis n'est pas une bataille : c'est une décision de communication avant l'heure. Il se fait baptiser.

Il devient chrétien pendant que les autres chefs barbares sont encore païens, et d'un coup il a l'Église entière derrière lui. Une légitimité que personne d'autre ne possède. Son nom, d'ailleurs, se déformera au fil des siècles pour donner un prénom que tu connais très bien : Louis. Tous les Louis qui suivront, c'est lui à la base.

Charlemagne, et une France née d'un héritage mal partagé

Après Clovis, ça part en vrille. Ses héritiers se partagent le royaume, s'entretuent, et finissent par ne plus servir à rien : on les appelle les rois fainéants, parce que ce sont leurs ministres qui dirigent tout. Et le ministre le plus malin finit par se poser la question qui tue : pourquoi je bosse pour un roi inutile ? Sa famille, ce sont les Carolingiens, et l'un d'eux poussera le dernier roi fainéant dans un monastère pour prendre sa place.

Le monstre de cette famille, c'est Charlemagne. Il passe sa vie à cheval, conquiert la moitié de l'Europe, et en l'an 800 se fait couronner empereur par le pape en personne, le premier empereur d'Occident depuis la chute de Rome. Non, il n'a pas inventé l'école, mais il a relancé l'éducation pour de bon. À sa mort, rebelote : ses petits-fils découpent l'empire en trois, et le morceau de l'Ouest deviendra la France. Ce pays est né d'un partage d'héritage qui a mal tourné.

Les Capétiens : la dynastie qui a gagné parce qu'elle faisait des fils

987, Hugues Capet. Au départ c'est presque une blague : élu roi, son pouvoir s'arrête aux portes de Paris pendant que les seigneurs autour possèdent bien plus grand que lui. Le patron officiel dont chaque employé a une boîte plus grosse que la sienne.

Sauf que les Capétiens ont une arme secrète d'une simplicité géniale. Ils font des fils. Un héritier mâle transmet la couronne sans interruption pendant plus de trois siècles : aucune crise de succession. Et pendant ce temps, ils grignotent : un territoire par mariage, un autre par héritage, un autre par la guerre. Moins spectaculaire que Charlemagne, mais c'est ça qui fabrique la France.

Philippe le Bel contre les Templiers : d'où vient le vendredi 13

Cette famille produit Saint Louis, le seul roi de France devenu saint, obsédé par la justice et mort de maladie sous une tente en croisade. Elle produit aussi son exact opposé : Philippe le Bel, surnommé ainsi parce qu'il était beau, mais qui était surtout une machine froide. Son problème permanent, c'est qu'il était fauché, et qu'il devait beaucoup d'argent aux Templiers, ces moines-soldats revenus des croisades avec un trésor colossal et un ancêtre du système bancaire. Sa solution ? Un vendredi 13 octobre 1307, il les fait tous arrêter en même temps, accusés de crimes inventés, torturés, leur chef brûlé vif à Paris. Plus de Templiers, plus de dettes. Et voilà d'où vient la légende du vendredi 13.

Le fil rouge, c'était les dettes

La suite, la vidéo la déroule dans l'ordre : la guerre de Cent Ans et Jeanne d'Arc, cette paysanne de 17 ans qui renverse le conflit avant de finir brûlée vive ; François Ier qui ramène la Renaissance et Léonard de Vinci, c'est pour ça que la Joconde est au Louvre ; puis Versailles, où Louis XIV occupait la noblesse à se disputer l'honneur de lui tenir la chemise.

Mais tout ce faste a un prix. Louis XIV laisse un royaume admiré et déjà criblé de dettes. Louis XV les creuse encore, perd des guerres et une bonne partie de l'empire colonial dont le Canada, puis lâche sa phrase glaçante de lucidité : « Après moi, le déluge. » Traduction : ce sera le problème du suivant.

Le suivant, c'est Louis XVI. Un type gentil et timide, qui aimait bricoler des serrures, fait roi au pire moment : royaume au bord de la faillite, pain hors de prix, peuple affamé, cour qui dépense toujours. En 1789, tout pète, et on revient à l'échafaud de janvier 1793.

Ce que la vidéo apporte en plus

Le récit complet, avec les personnages incarnés et les anecdotes qui font tenir les dates : le sacre de l'an 800, l'épopée de Jeanne d'Arc, le mécanisme de Versailles et l'engrenage qui mène à la Révolution.