Les orientations sexuelles ne se résument pas à un choix entre hétérosexualité et homosexualité : c'est un spectre bien plus large, et surtout, ce n'est ni un choix, ni une phase, ni quelque chose qu'on peut forcer à changer. Une orientation sexuelle, c'est simplement vers qui on ressent de l'attirance romantique et/ou sexuelle. Il faut la distinguer de l'identité de genre (comment on se définit) et de l'expression de genre (comment on se présente) : trois notions différentes qu'on confond souvent alors qu'elles répondent chacune à une question distincte.

Pendant longtemps, la case binaire hétéro ou homo a suffi à décrire tout le monde. Sauf que l'attirance humaine ne fonctionne pas comme un interrupteur. La vidéo « Toutes les Orientations Sexuelles Expliquées » passe en revue une dizaine d'orientations et les idées reçues qui les entourent, sans jugement et sans hiérarchie entre elles. Voici celles qui méritent le plus qu'on s'y attarde.

L'échelle de Kinsey, la première fois que la science a posé un spectre

En 1948, le sexologue Alfred Kinsey propose une échelle qui va de 0, exclusivement hétérosexuel, à 6, exclusivement homosexuel, avec toutes les nuances intermédiaires entre les deux. L'idée qui bouscule tout à l'époque : la majorité des gens ne se trouvent pas à une extrémité pure. Même l'hétérosexualité, l'orientation la plus répandue statistiquement, contient ses propres nuances : certaines personnes se situent à 100 % d'un côté, d'autres se disent hétéros avec quelques exceptions.

Cette échelle reste datée et incomplète : elle ne rend pas compte de toute la diversité des orientations identifiées depuis. Mais elle a posé une idée qui a traversé les décennies, celle que l'orientation sexuelle se pense comme un continuum, jamais comme deux cases opposées.

Bisexualité, pansexualité, polysexualité : des nuances qu'on confond tout le temps

La bisexualité, c'est ressentir de l'attirance pour plus d'un genre, pas forcément à parts égales. Une personne bi peut préférer un genre à 70 % et l'autre à 30 %, ça reste de la bisexualité. Et être en couple avec une personne d'un genre donné ne change rien à l'orientation de quelqu'un : un homme bi en couple avec une femme reste bi. Ce qui rend cette orientation particulière, c'est qu'elle est souvent invisibilisée des deux côtés à la fois : certaines personnes hétéros la voient comme une façade, certaines personnes gays ou lesbiennes la jugent pas assez tranchée. Un rejet croisé que peu d'autres orientations subissent de la même manière.

La pansexualité, elle, retire le genre comme critère d'attirance : ce n'est pas être attiré par tout le monde, c'est que le genre de la personne n'entre simplement pas en ligne de compte. La polysexualité se situe encore ailleurs : une attirance pour plusieurs genres, mais pas forcément tous. Les frontières entre ces trois termes restent volontairement floues : la vidéo insiste sur le fait que le bon terme, c'est avant tout celui dans lequel chacun se reconnaît.

Asexualité et aromantisme : deux spectres qu'on confond avec un manque

L'asexualité, c'est ressentir peu ou pas d'attirance sexuelle, et ce n'est ni un manque, ni un problème médical, ni une question de ne pas avoir encore trouvé la bonne personne. C'est une orientation à part entière, avec ses propres nuances : une personne démisexuelle ne ressent de l'attirance sexuelle qu'après un lien émotionnel fort déjà établi, une personne grise-asexuelle en ressent rarement et dans des circonstances très spécifiques.

L'aromantisme, souvent confondu avec l'asexualité, décrit une absence d'attirance romantique : pas d'envie de relation exclusive au sens classique, pas cette idéalisation qu'on associe à tomber amoureux. Une personne aromantique peut tout à fait avoir des relations sexuelles, des amitiés profondes, de l'attachement réel. C'est la romance telle qu'on la conçoit socialement qui ne lui parle pas. La vidéo revient aussi sur l'hétérosexualité et l'homosexualité comme orientations à part entière, sur le terme queer réapproprié par la communauté après avoir longtemps servi d'insulte, sur la sapiosexualité et l'autosexualité qui divisent jusque dans leur statut d'orientation, et sur une bonne dizaine d'idées reçues démontées une par une, de la thérapie de conversion à la confusion entre orientation et pratique sexuelle.

Ce que la vidéo apporte en plus

Elle revient aussi sur l'histoire : l'homosexualité dépénalisée en France dès 1791, mais le mariage pour tous seulement en 2013, et des taux de dépression et d'anxiété plus élevés chez les personnes LGBT+, liés au rejet social et familial, jamais à l'orientation elle-même. Dix-neuf minutes pour comprendre qu'aucune orientation n'est plus normale qu'une autre, qu'il n'y a aucune urgence à se mettre une étiquette, et que le seul vrai critère, c'est le respect entre adultes consentants.