Une échelle de corde tissée fil par fil dans une cellule de la Bastille. Un pistolet sculpté dans du bois. Un tunnel d'un kilomètre et demi creusé sous une prison mexicaine. À travers les siècles, les grandes évasions de l'histoire racontent toutes la même chose autrement : des hommes et des femmes prêts à tout pour reconquérir leur liberté, avec des moyens dérisoires face à des murs censés être infranchissables. Cette vidéo en couvre douze, de la France du dix-huitième siècle jusqu'au Mexique de 2015, et il y a un fil rouge entre elles qu'on ne voit qu'à la fin.
Latude et l'échelle qui existe encore
Paris, 1756. Dans une cellule de la Bastille, deux prisonniers démontent leurs chemises fil par fil, récupèrent le bois de leur mobilier et tissent, mois après mois, une échelle de corde de plus de vingt mètres. Une nuit d'orage, ils passent par la cheminée, montent sur le toit et descendent le long de la muraille. L'échelle existe encore aujourd'hui, exposée dans un musée parisien comme une œuvre d'art. Son auteur, Latude, ne s'en sortira pas si facilement : il paiera trente-cinq ans de prison pour une bêtise de jeunesse contre la favorite du roi, un épisode qui dit long sur les intrigues de cour de l'époque, un sujet que la fresque des rois de France permet de replacer dans son contexte. Mais retiens surtout l'échelle : elle contient l'ingrédient que partagent presque toutes les évasions de cette liste, et il n'a rien à voir avec la force.
Des cuillères, du papier mâché, et Alcatraz qui ne s'en remet pas
Sur l'île d'Alcatraz, en 1962, Frank Morris et les frères Anglin grattent le béton autour de leurs grilles d'aération avec des cuillères volées à la cantine, quelques millimètres chaque nuit, pendant des mois. Pour tromper les rondes de nuit, ils fabriquent de fausses têtes en papier mâché, peintes à leur teint, avec de vrais cheveux récupérés chez le barbier. La nuit du 11 juin 1962, trois hommes rampent dans les conduits, montent sur le toit et prennent la mer sur un radeau cousu dans des imperméables. On ne les a jamais revus, ni morts ni vivants, et le dossier est resté ouvert pendant des décennies. Le pénitencier, réputé inviolable, fermera moins d'un an plus tard. La vidéo revient sur les rebondissements les plus récents de cette enquête, avec des photos et une lettre qui ont relancé le mystère bien après coup.
L'usine invisible de Stalag Luft III et les creuseurs du mur de Berlin
Certaines évasions dépassent l'exploit individuel pour devenir de véritables projets industriels. Au Stalag Luft III, en 1943, des centaines de prisonniers aviateurs creusent en même temps trois tunnels, baptisés Tom, Dick et Harry, avec système de ventilation, wagonnets et éclairage. Des hommes surnommés les pingouins dispersent la terre extraite dans le camp, poignée par poignée, cachée dans leurs pantalons. Soixante-seize hommes passeront par le tunnel Harry avant que l'alerte ne soit donnée, et la suite sera d'une violence terrible. Vingt ans plus tard, à Berlin, un groupe d'étudiants creuse cette fois pour faire entrer la liberté plutôt que pour en sortir : cent quarante-cinq mètres de tunnel sous le mur, pour faire passer cinquante-sept personnes à l'Est. Entre ces deux histoires, la vidéo raconte aussi Colditz, la forteresse où les Allemands avaient regroupé les meilleurs évadés alliés, et où des prisonniers ont construit en secret un planeur qui, rejoué des décennies plus tard, a réellement volé.
Quand la patience se fait remplacer par l'argent ou l'hélicoptère
Toutes les évasions ne se ressemblent pas. En 2015, El Chapo disparaît par la douche de la prison la plus sécurisée du Mexique, un angle mort des caméras, pour rejoindre un tunnel d'un kilomètre et demi éclairé, ventilé et équipé de rails, financé à hauteur de plusieurs millions de dollars. Quelques années plus tôt en France, Pascal Payet choisit une autre méthode radicale : l'hélicoptère, utilisé à trois reprises pour s'évader ou faire évader ses complices. La vidéo raconte aussi Casanova et son évasion des Plombs de Venise organisée autour d'un plat de pâtes, Nithsdale déguisé en femme par son épouse la veille de son exécution, le pistolet en bois de Dillinger, et le destin plus trouble de Papillon, dont le récit d'évasion s'est révélé en partie emprunté à d'autres bagnards.
Ce que la vidéo apporte en plus
Ce résumé ne développe que quatre évasions sur les douze racontées à l'écran, et il laisse volontairement de côté les détails les plus vertigineux : le fonctionnement exact du faux pistolet de Dillinger, les rebondissements de l'affaire des frères Anglin, ou encore la mécanique précise du tunnel d'El Chapo. La vidéo suit aussi le fil qui relie toutes ces histoires entre elles, de l'échelle de Latude au tunnel berlinois, et explique pourquoi la plupart de ces prisons réputées inviolables partagent le même point faible. Pour ceux que l'envers du décor carcéral intéresse, l'histoire des instruments de torture raconte l'autre visage de ces murs, tandis que les grandes armées invaincues montre que la même obstination a aussi gagné des guerres entières.





